Comment Laura a (presque) atteint 10 000 € par an de revenus passifs en 8 ans

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By Nicolas Godet

Travailler quatre jours au lieu de cinq tout en conservant son train de vie : c’est le cap que s’est fixé Laura, 37 ans, data scientist à Nantes. Avec 56 000 € d’épargne de départ, un appartement déjà bien amorti et un plan sur huit ans, elle vise près de 10 000 € de revenus passifs par an. Voici, point par point, la méthode qu’elle applique.

Revenus passifs : de quoi parle-t-on ?

Un revenu passif est un flux régulier qui ne dépend pas directement de vos heures de travail : loyers, dividendes, intérêts ou royalties. Deux conditions restent incontournables :

  • un investissement initial — en temps, en argent ou en compétences ;
  • un suivi allégé, mais bien réel : quelques heures par mois pour gérer, arbitrer et déclarer.

Pour Laura, l’enjeu est clair : compenser la baisse de salaire qui accompagnera son passage à temps partiel autour de ses 45 ans. Cible chiffrée : 10 000 € bruts par an de revenus complémentaires.

Où en est Laura ? Situation et ressources

Prenons une photo de départ :

  • CDI dans le conseil, 2 165 € nets mensuels (après impôt à la source) ;
  • T2 de 45 m² à Nantes, acheté 145 000 €, estimé 195 000 € ;
  • crédit immobilier : encore 8 ans, mensualité 700 € ;
  • 56 000 € d’épargne disponible : 25 000 € sur assurance-vie + 31 000 € de don parental.

Plutôt que de laisser dormir cet argent, elle le répartit sur quatre axes — immobilier locatif, pierre-papier, bourse, cryptomonnaies — et se réserve un placement « plaisir ».

Immobilier locatif : la pierre comme socle

Premier pilier : deux studios de 15 m² chacun à Nantes.

  • Prix : 55 000 € par studio (hors frais) ;
  • Loyer visé : 400 € par mois ;
  • Frais annexe (notaire + travaux) : 6 000 € par bien ;
  • Crédit total : 1 106 € mensuels sur 8 ans.

Les loyers cumulés (800 €/mois) couvrent l’essentiel du prêt ; il reste 306 € à sa charge jusqu’à la dernière échéance. Après le remboursement, les 7 200 € de loyers annuels (vacance locative de trois mois par studio incluse) deviendront un flux net. En micro-BIC, Laura ne déclare que la moitié des loyers, ce qui simplifie l’impôt.

Pierre-papier (SCPI) : des loyers sans gestion

Pour diversifier sans gérer d’autres locataires, elle place 10 000 € dans une SCPI de rendement (société civile de placement immobilier).

  • Taux de distribution : 5 %/an → 500 € bruts ;
  • Frais de gestion sur loyers : 8 % → 40 € ;
  • Revalorisation estimée des parts : 1,5 %/an → 150 €.

Soit environ 640 € par an, sans aucune contrainte opérationnelle.

Bourse : ETF à dividendes sur PEA

Cap sur la simplicité : 15 000 € dans un ETF à dividendes (iShares Euro Dividend) logé sur un PEA.

  • Rendement visé : 5 %/an → 750 € de dividendes bruts ;
  • Frais annuels de l’ETF : 0,40 % ;
  • Après 5 ans de détention : seules les contributions sociales (17,2 %) s’appliquent aux retraits.

Les dividendes seront réinvestis pendant huit ans puis serviront de complément de revenu.

Cryptomonnaies (staking) : rendement sous haute volatilité

Pour dynamiser l’ensemble, Laura mise 5 000 € sur le staking de Solana.

  • Cours de Solana : 133 € ;
  • Quantité détenue : ≈ 37,6 SOL ;
  • Taux de récompense : 5,86 %/an → 2,2 SOL, soit 292 € si le cours reste stable.

Potentiel intéressant mais incertitudes élevées ; Laura limite donc ce segment à moins de 10 % de son portefeuille.

L’investissement plaisir : un pied dans les vignes

Les 4 000 € restants vont dans un groupement foncier viticole en Champagne. Rendement financier modeste, mais avantages en nature (bouteilles, visites) et dimension patrimoniale.

Bilan : près de 9 000 € de revenus passifs à l’horizon 8 ans

En additionnant les différents flux :

  • Immobilier locatif : 7 200 € / an ;
  • SCPI : 640 € / an ;
  • ETF à dividendes : 750 € / an ;
  • Staking Solana : 292 € / an.

Total : environ 8 882 € bruts par an, hors « dividendes » œnologiques. S’y ajoutera, dans huit ans, la fin du crédit de sa résidence principale (700 € de charge mensuelle en moins). De quoi franchir le cap des 10 000 € de ressources supplémentaires et permettre un passage au temps partiel dans de bonnes conditions.

Le message ? Avec un horizon clair, un budget initial et une diversification cohérente (immobilier physique et papier, actions, crypto), il est possible de bâtir des revenus passifs solides sans s’abonner aux promesses irréalistes du “10 000 € par mois en trois clics”. Pas de miracle, mais une stratégie patiente pour reprendre la main sur son temps — et ses choix de vie.

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