Age legal depart retraite 2024 : chiffres, exceptions, gains

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By Nicolas Godet

Âge légal, durée d’assurance, trimestres cotisés, carrières longues… Depuis la réforme, tout a bougé ! 2024 marque un tournant : à quel âge partirez-vous vraiment, avec ou sans décote ? Et existe-t-il encore des astuces pour filer plus tôt ? Autant de questions auxquelles ce guide répond, pas à pas.

Suivez-nous : nous passons en revue l’âge légal en 2024, les dérogations (carrières longues, pénibilité, handicap, fonction publique) et les leviers pour doper votre pension.

1. Ce que change la réforme des retraites 2023-2024

Objectifs et enjeux gouvernementaux

Adoptée le 14 avril 2023 (loi n° 2023-270), la réforme vise trois cibles claires :

  • Reporter l’âge légal de 62 à 64 ans pour la majorité des assurés ;
  • Allonger la durée d’assurance nécessaire au taux plein ;
  • Restaurer l’équilibre financier du système en incitant chacun à travailler un peu plus longtemps.

Concrètement, on observe :

  • un relèvement progressif de l’âge légal par génération ;
  • un passage accéléré aux 172 trimestres (43 ans) pour le taux plein ;
  • des retouches sur les départs anticipés (carrières longues, pénibilité…).

Calendrier d’application par génération

Pas de coup de massue : l’âge légal grimpe de trois mois par génération à partir des natifs de 1961.

Pour le régime général :

  • Avant le 1er septembre 1961 : 62 ans ;
  • 1er septembre-31 décembre 1961 : 62 ans et 3 mois ;
  • 1962 : 62 ans et 6 mois ;
  • 1963 : 62 ans et 9 mois ;
  • 1964 : 63 ans ;
  • 1965 : 63 ans et 3 mois ;
  • 1966 : 63 ans et 6 mois ;
  • 1967 : 63 ans et 9 mois ;
  • 1968 et suivantes : 64 ans fixes.

Hausse progressive de l’âge légal : chiffres clés

En bref :

  • Avant réforme : 62 ans ;
  • Après réforme : de 62 à 64 ans selon la génération ;
  • Âge du taux plein automatique : 67 ans (inchangé).

L’âge légal ouvre le droit de demander sa retraite, mais sans le bon nombre de trimestres, le taux plein n’est pas garanti.

2. Quel est l’âge légal de départ à la retraite en 2024 ?

Différence entre âge légal et âge d’ouverture des droits

Le jargon est parfois décourageant ; trois repères suffisent pourtant :

  • Âge légal : 62 à 64 ans selon la génération ;
  • Âge du taux plein “assuré” : 67 ans pour l’immense majorité ;
  • Âge des départs anticipés : 58 à 63 ans selon les dispositifs.

La vraie question en 2024 reste donc : à quelle date précise pourrez-vous déposer votre dossier sans dispositif spécial ?

Tableau récapitulatif par année de naissance (régime général)

Âge légal de départ à la retraite (régime général)

  • Avant 1er sept. 1961 : 62 ans ;
  • 1er sept.-31 déc. 1961 : 62 ans et 3 mois ;
  • 1962 : 62 ans et 6 mois ;
  • 1963 : 62 ans et 9 mois ;
  • 1964 : 63 ans ;
  • 1965 : 63 ans et 3 mois ;
  • 1966 : 63 ans et 6 mois ;
  • 1967 : 63 ans et 9 mois ;
  • 1968 et après : 64 ans.

Et en pratique, ça donne quoi ?

  • Né en 1962 : vos 62 ans tombent en 2024, mais il vous faudra patienter six mois supplémentaires.
  • Né entre septembre et décembre 1961 : l’âge légal (62 ans et 3 mois) arrive fin 2023 ou courant 2024.
  • Né en 1963 ou après : sauf départ anticipé, 2024 n’est pas encore votre tour.

Cas particuliers des polypensionnés

Vous avez cotisé à plusieurs régimes ? Bienvenue dans le monde des polypensionnés.

  • Chaque régime garde ses propres règles d’âge et de durée d’assurance ;
  • Les trimestres se cumulent pour le calcul global, mais chaque caisse verse sa part selon ses barèmes.

Résultat : toutes vos pensions ne tomberont pas forcément à la même date. Pour éviter un trou de trésorerie ou une décote malvenue, un simulateur multi-régimes (par exemple M@rel) est votre meilleur allié.

3. Projection 2025 et au-delà : quelle trajectoire jusqu’en 2030 ?

Âge légal prévu en 2025

En 2025, la pente continue :

  • Les générations 1962-1963 arrivent en ligne de mire ;
  • Pour les natifs de 1963, l’âge légal passe à 62 ans et 9 mois.

Un exemple ? Né en janvier 1963, vous aurez droit au sésame en octobre 2025 ; né en décembre, il vous faudra patienter jusqu’en septembre 2026.

Paliers successifs jusqu’en 2030

La carte est tracée :

  • Hausse de trois mois par an pour les générations 1961-1967 ;
  • À partir de 1968, cap sur 64 ans, sauf nouvelle réforme.

D’ici 2030, tout le monde nés après 1968 sera donc dans le régime “64 ans / 43 ans de cotisation”. Fin de la période de transition.

Conséquences sur la durée de cotisation

Autre accélération : la bascule vers 172 trimestres.

  • Selon votre année de naissance, il vous faudra entre 167 et 172 trimestres pour le taux plein ;
  • À partir de 1965-1966, tout le monde vise 172.

Moralité : atteindre l’âge légal ne suffit plus ; il faut sortir la calculette trimestre par trimestre.

4. Obtenir le taux plein : conditions et astuces

Nombre de trimestres requis selon l’année de naissance

Pour décrocher le taux plein avant 67 ans, deux verrous : l’âge légal et la durée d’assurance.

Ordres de grandeur (régime général) :

  • 1958-1960 : 167-168 trimestres ;
  • 1961-1963 : 169-170 ;
  • 1964-1966 : 171 ;
  • 1965-1966 et après : 172.

Le chiffre exact ? Allez jeter un œil à votre EIG ou à votre relevé de carrière sur info-retraite.fr.

Décote, surcote et impact financier

La décote pèse 1,25 % par trimestre manquant (jusqu’à 20 trimestres). À l’inverse, la surcote bonifie votre pension du même pourcentage pour chaque trimestre supplémentaire.

Huit trimestres en moins ? Environ 10 % de pension de base en moins. Deux ans de plus ? Un joli coup de pouce sur la pension de base et la complémentaire.

Souvenez-vous :

  • On peut partir dès l’âge légal mais avec décote ;
  • On obtient le taux plein dès que les trimestres requis sont réunis ;
  • À 67 ans, la décote disparaît, trimestres ou pas.

Minimum contributif et majorations de pension

Taux plein mais pension maigre ? Le minimum contributif (MICO) peut relever la barre, à condition d’être au taux plein.

Autres coups de pouce :

  • +10 % pour trois enfants et plus (base et complémentaire) ;
  • Majoration pour conjoint à charge ou tierce personne, selon les régimes.

Attention : plus de pension signifie aussi plus d’impôt et de CSG. À l’inverse, une retraite modeste peut ouvrir droit à l’ASPA, mais le niveau de vie en souffre.

5. Départs anticipés : carrières longues, pénibilité, handicap

Carrières longues : critères et âges possibles

Travailler tôt peut payer. Si vous avez validé des trimestres avant 16, 18, 20 ou 21 ans, vous pouvez viser un départ à :

  • 58 ans (trimestres avant 16 ans) ;
  • 60 ans (avant 18 ans) ;
  • 62 ans (avant 20 ans) ;
  • 63 ans (avant 21 ans).

Seuls les trimestres cotisés – et quelques assimilés – comptent. Chômage, maladie, maternité ? Leur prise en compte reste limitée.

Compte pénibilité (C2P) : comment gagner des trimestres

Exposé à la pénibilité ? Votre C2P engrange des points. Dix points permettent de valider des trimestres et d’avancer le départ, jusqu’à deux ans au maximum.

Pour vérifier vos droits : consultez vos déclarations d’exposition ou connectez-vous sur compteprofessionnelprevention.fr.

Invalidité, handicap et inaptitude : dispositifs spécifiques

  • Handicap : avec une incapacité d’au moins 50 %, départ possible dès 55 ans environ.
  • Invalidité (surtout fonction publique) : la pension est liquidée dès la reconnaissance de l’invalidité.
  • Inaptitude au travail (régime général) : retraite à 62 ans au taux plein, même sans tous les trimestres.

6. Fonction publique : sédentaire, active et super-active

Âges légaux pour les agents sédentaires

Agents administratifs, enseignants, etc. : l’âge légal suit la même pente que le privé, de 62 à 64 ans, avec deux ans de services effectifs minimum pour ouvrir droit à pension.

Catégories actives : policiers, infirmiers, etc.

Pour les emplois dits “actifs”, l’âge légal glisse de 57 à 59 ans. Il faut en outre 15 à 17 ans de services actifs, selon le corps.

Catégories super-actives / insalubres

Réseaux d’égouts, institut médico-légal… Ici, l’âge légal passe progressivement de 52 à 54 ans. Les conditions : 12 ans dans l’emploi, dont 6 ans d’affilée, et 32 ans de services au total.

Les agents reclassés sous l’article 37 (loi 2010-751) voyaient jusqu’ici un âge légal de 60 ans ; il grimpe désormais à 62, avec limite d’âge repoussée à 67 ans.

7. Stratégies pour optimiser son départ en 2024

Simuler sa retraite : outils officiels et conseils

Pour savoir où vous en êtes, rien ne vaut une simulation.

  • info-retraite.fr : relevé de carrière, EIG, simulateur M@rel ;
  • lassuranceretraite.fr : montants brut et net du régime général ;
  • Portails des régimes spéciaux / CNRACL : données dédiées.

Mode d’emploi express : connectez-vous via FranceConnect, vérifiez votre relevé, lancez des simulations à différents âges et comparez le net.

Rachat de trimestres et cumul emploi-retraite

Rachat : utile pour boucher quelques trous d’années incomplètes ou d’études. C’est souvent coûteux, mais fiscalement déductible et pertinent si vous êtes proche du taux plein.

Cumul emploi-retraite : si vous partez à taux plein, vous pouvez cumuler sans plafond. En cas de décote, le cumul est plafonné. Nouveauté : dans certains cas, les cotisations post-retraite génèrent une seconde petite pension.

Check-list des démarches 12, 6 et 3 mois avant le départ

12 mois avant : vérifiez âge légal, trimestres, relevé de carrière, faites corriger les trous.

6 mois avant : affinez la date de départ, discutez avec l’employeur (temps partiel, CET, etc.), regardez prévoyance et mutuelle.

3-4 mois avant : déposez la demande de retraite, fournissez les pièces, confirmez la cessation d’activité.

Après le départ : contrôlez vos décomptes, réclamez s’il le faut, et renseignez-vous sur le cumul emploi-retraite.

Conclusion : comment décider de votre âge de départ en 2024

Entre 62 et 64 ans pour la plupart, plus tôt pour certaines catégories de fonctionnaires ou via les dispositifs carrières longues, pénibilité ou handicap : voilà le nouvel horizon. Pour choisir la bonne date, identifiez votre âge légal, comptez vos trimestres, testez plusieurs scénarios, puis lancez-vous dans les démarches six à douze mois à l’avance.

Premier pas simple : téléchargez votre relevé sur info-retraite.fr et faites une simulation pour 2024. Vous verrez aussitôt l’effet de chaque option sur votre pension nette et pourrez ajuster votre stratégie en toute connaissance de cause.

Questions fréquentes sur l’âge légal de départ à la retraite en 2024

Quel est l’âge légal de départ à la retraite en 2024 ?

En 2024, l’âge légal de départ à la retraite dépend de votre année de naissance. Par exemple, pour les personnes nées en 1962, il est fixé à 62 ans et 6 mois. Pour les générations 1968 et après, l’âge légal sera de 64 ans.

Quel est l’âge légal de départ à la retraite en 2025 ?

En 2025, l’âge légal de départ à la retraite continuera d’augmenter progressivement. Par exemple, pour les personnes nées en 1963, il sera de 62 ans et 9 mois. Les générations suivantes verront cet âge augmenter jusqu’à atteindre 64 ans pour les natifs de 1968 et après.

Quel est l’âge du taux plein automatique ?

L’âge du taux plein automatique reste fixé à 67 ans, quelle que soit votre durée de cotisation. Cela signifie que vous percevrez une retraite sans décote même si vous n’avez pas validé tous vos trimestres requis.

Quelles sont les exceptions pour partir avant l’âge légal ?

Certaines situations permettent un départ anticipé, comme les carrières longues (départ dès 58 ans), la pénibilité, le handicap ou des dispositifs spécifiques pour la fonction publique. Ces cas nécessitent de remplir des critères précis.

Comment calculer mon âge de départ à la retraite ?

Votre âge de départ dépend de votre année de naissance et de votre durée de cotisation. Consultez les tableaux officiels ou utilisez un simulateur en ligne comme M@rel pour obtenir une estimation personnalisée.

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