Combien de garants pour une location : ce que dit la loi

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By Nicolas Godet

La loi ne fixe pas de nombre maximum de garants pour une location. En pratique, un bailleur demande le plus souvent un garant, parfois deux si le dossier est jugé fragile. Au-delà, c’est rare. Encore faut-il respecter les règles de la loi du 6 juillet 1989 et les limites liées à l’assurance loyers impayés.

Trouver un toit, ce n’est pas qu’une affaire de fiches de paie. Bien des propriétaires exigent aussi une caution locative. Mais, au fond, combien de garant pour une location peuvent-ils réellement réclamer ? Un seul fait-il l’affaire ? Deux garants sont-ils autorisés ? Et si vous n’en connaissez aucun, comment décrocher quand même les clés ?

Le guide qui suit, mis à jour pour 2026, fait le tri entre la lettre de la loi, la pratique courante des bailleurs et les solutions de secours quand votre dossier ne rentre pas dans les cases.

Le rôle du garant : pourquoi est-il demandé par les bailleurs ?

Définition légale de la caution locative

Dans une location, le garant – que l’on appelle aussi caution – est la personne physique ou morale qui s’engage par écrit à régler le loyer, les charges ou toute somme prévue au bail si le locataire ne s’en acquitte plus.

Tout passe donc par un acte de cautionnement. Sans ce papier, impossible pour le propriétaire de faire valoir l’engagement du garant.

Deux notions restent souvent confondues :

  • le dépôt de garantie : la somme versée au départ du bail ;
  • la caution locative : la promesse d’une tierce personne ou d’un organisme de payer en cas d’impayé.

Responsabilités financières du garant : simple ou solidaire ?

Il existe deux grands types de caution :

  • Caution simple : le bailleur doit d’abord se tourner vers le locataire avant de solliciter le garant.
  • Caution solidaire : dès le premier loyer impayé, le garant peut être appelé à la rescousse, sans autre formalité.

Dans les faits, la quasi-totalité des propriétaires optent pour la caution solidaire, nettement plus rassurante à leurs yeux.

Personne physique ou morale : quelles différences ?

Le garant peut être :

  • une personne physique : parent, ami, conjoint, etc. ;
  • une personne morale : Visale, une banque (caution bancaire) ou encore un dispositif public spécifique.

Pour le locataire, la constitution du dossier change un peu ; pour le bailleur, l’objectif reste identique : sécuriser le paiement des loyers.

Combien de garants un propriétaire peut-il demander ? Le cadre légal

Ce que dit la loi en 2026

La question « combien de garant pour une location un bailleur peut-il exiger ? » revient sans cesse. Juridiquement, aucun texte ne fixe de plafond chiffré.

On se réfère toujours à la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. La loi Élan a bien retouché certains mécanismes de sécurisation, mais n’a pas limité le nombre de cautions.

En clair :

  • la présence d’un garant n’est pas obligatoire pour louer ;
  • le bailleur peut en exiger un ;
  • il peut en réclamer deux s’il estime le dossier fragile ;
  • trois ou quatre garants ne sont pas formellement interdits, mais restent rarissimes et souvent perçus comme excessifs.

La limite majeure : assurance loyers impayés et cumul interdit

La vraie contrainte ne porte pas tant sur le nombre que sur le cumul des garanties.

En vertu de la loi de 1989, un propriétaire ayant souscrit une assurance loyers impayés (GLI) ne peut pas, en plus, exiger une caution… à une exception près : le locataire étudiant ou apprenti.

En pratique :

  • GLI + garant : principe interdit ;
  • GLI + garant étudiant ou apprenti : autorisé.

Cas particuliers : étudiants, CDD, étrangers, apprentis

Pourquoi certains propriétaires réclament-ils deux garants ? Le plus souvent parce qu’ils jugent le dossier précaire : revenus irréguliers, périodes d’essai, indépendants récents, etc.

Les situations où l’on voit deux cautions sont notamment :

  • étudiants sans revenu fixe ;
  • jeunes actifs en CDD ;
  • travailleurs indépendants encore peu installés ;
  • nouveaux arrivants de l’étranger ;
  • colocations aux profils variés.

Deux garants permettent alors de cumuler les revenus, de quoi rassurer le bailleur.

Un, deux ou plusieurs garants : les scénarios les plus fréquents

Un garant unique : le cas le plus courant

Dans la grande majorité des locations, un seul garant suffit. Le propriétaire jette surtout un œil à :

  • la hauteur des revenus ;
  • la stabilité du travail ;
  • l’endettement global ;
  • le rapport loyer/ressources.

Un parent en CDI, propriétaire de son logement, gagne souvent la confiance du bailleur à lui seul.

Deux garants : dans quels cas ?

On passe à deux garants quand le dossier semble fragile. Rien d’obligatoire, juste une habitude de marché.

Exemples :

  • Étudiant : les deux parents signent ensemble.
  • Jeune actif : un parent plus un proche pour atteindre le niveau de revenus visé.
  • Colocation : chaque colocataire apporte son propre garant ou partage le même.

La fameuse règle des 3 fois le loyer sert souvent de boussole, même si certains quartiers très demandés montent à 4, d’autres se contentent de 2,5.

Comment additionner les revenus des garants ?

Aucune formule officielle, mais une méthode empirique :

  • on comptabilise les revenus nets du locataire ;
  • on y ajoute ceux du ou des garants ;
  • on divise le total par le loyer charges comprises.

Prenons un exemple : loyer 900 €, garant 1 à 1 800 €, garant 2 à 1 500 €. Total : 3 300 €. Le ratio atteint 3,66. Dans la plupart des cas, le dossier passe.

Y a-t-il un nombre maximum de garants accepté ?

Sur le papier, non. Dans la réalité, au-delà de deux garants, cela surprend. Si un propriétaire exige trois ou quatre signatures, c’est souvent le signe d’un dossier considéré comme très risqué ou d’une exigence discutable.

La règle des 3 fois le loyer : mythe ou vraie règle ?

« Faut-il vraiment gagner trois fois le loyer ? » Techniquement, non : aucune loi ne l’impose.

Cette barre symbolique des 3 × loyer provient des méthodes des bailleurs, agences et assureurs pour jauger la solvabilité.

Elle reste :

  • largement utilisée ;
  • pratique pour comparer les dossiers ;
  • mais pas d’origine légale.

En clair :

  • vos ressources couvrent trois loyers ? Un garant pourrait ne pas être exigé.
  • vous êtes sous le seuil ? Un garant compensera.
  • un garant ne suffit pas ? Deux deviennent envisageables.

Cette logique vaut aussi bien pour une location vide que pour une location meublée, même si les meublés en zone tendue subissent parfois une sélection plus sévère.

Colocation, étudiants, couples : les situations qui changent la donne

En colocation

Tout dépend du type de bail :

  • Bail unique : un garant par colocataire ou un garant commun, selon la rédaction.
  • Baux individuels : chaque occupant apporte généralement son propre garant.

C’est d’ailleurs en colocation que le nombre de garants grimpe le plus souvent, non pas par obligation légale mais par prudence du bailleur.

Pour un étudiant ou un apprenti

La caution parentale reste la norme. Les deux parents peuvent se porter garants, surtout si leurs revenus séparés ne suffisent pas. Et c’est ici que le bailleur peut cumuler assurance loyers impayés et garant : une exception à connaître.

Pour un couple

Deux parents signant ensemble comme garants, ou le couple lui-même se portant caution : la configuration la plus simple. Le bailleur étudie alors leurs revenus cumulés, à condition que l’acte de cautionnement l’indique clairement.

Quelles alternatives si vous n’avez pas de garant ?

Visale : la solution la plus connue

Sans garant sous la main ? Pensez à Visale, le dispositif gratuit d’Action Logement. En 2026, il couvre toujours :

  • les moins de 30 ans ;
  • certains salariés nouvellement embauchés ;
  • les situations de mobilité professionnelle ;
  • d’autres publics ciblés par Action Logement.

Le principe : vous obtenez un visa en ligne, que le propriétaire valide ensuite.

Autres solutions possibles

  • Caution bancaire : une somme est bloquée sur un compte en garantie.
  • Garanties privées payantes : des organismes se portent caution contre cotisation.
  • FSL : le Fonds de solidarité pour le logement, selon le département.
  • FASTT : pour les intérimaires.
  • Un passage par l’ADIL locale pour faire le point sur les aides existantes.

Documents à fournir et risques pour le garant

Quels documents un garant doit-il fournir ?

Le propriétaire ne peut pas demander n’importe quoi. En pratique, le dossier du garant comporte souvent :

  • pièce d’identité ;
  • justificatif de domicile ;
  • contrat de travail ou preuve de situation ;
  • avis d’imposition ;
  • bulletins de salaire ou attestations de revenus ;
  • éventuellement un justificatif patrimonial cohérent avec la demande.

Peut-on être garant pour plusieurs personnes ?

Oui, c’est possible : on peut même être garant de 2 personnes ou plus. Tout dépend de la solidité financière du garant, que le bailleur ne manquera pas d’examiner.

Que risque un garant en cas d’impayés ?

Le risque n’est pas théorique, surtout en caution solidaire. Le garant peut être appelé à payer :

  • les loyers et charges impayés ;
  • les réparations locatives couvertes par le bail ;
  • parfois les frais de procédure.

Avant de signer, mieux vaut lire chaque ligne : durée de l’engagement, montants couverts, conditions de décharge…

Conclusion

En résumé, la loi ne fixe aucun nombre maximum de garants. Dans la pratique, un garant suffit la plupart du temps ; deux restent courants pour les étudiants, colocations ou dossiers plus fragiles ; davantage devient exceptionnel.

Le point crucial : un garant n’est pas systématique, la règle des 3 × loyer n’est qu’un usage, et le cumul garant + assurance loyers impayés est strictement encadré. Pas de caution ? Pensez à Visale, à la caution bancaire ou aux aides locales.

Avant toute signature, vérifiez la légalité des demandes du bailleur et la robustesse de votre dossier. Un doute ? Contactez l’ADIL de votre département : c’est gratuit, neutre et souvent salvateur.

Questions fréquentes sur le nombre de garants pour une location

Pourquoi deux garants pour une location ?

Deux garants sont souvent demandés lorsque le dossier du locataire est jugé fragile, par exemple en cas de revenus irréguliers ou d’emploi précaire. Cela permet de cumuler les garanties financières et de rassurer le bailleur.

Peut-on être garant de 2 personnes ?

Oui, il est possible d’être garant pour plusieurs personnes, mais cela dépend de votre capacité financière. Les bailleurs vérifient que vos revenus permettent de couvrir les engagements pris pour chaque location.

Est-ce obligatoire de gagner trois fois le loyer pour être garant ?

Non, ce n’est pas une obligation légale, mais c’est une pratique courante. Les bailleurs exigent souvent que le garant ait des revenus équivalents à trois fois le montant du loyer pour garantir sa solvabilité.

Combien de garants un propriétaire peut-il demander ?

La loi ne fixe pas de limite au nombre de garants qu’un propriétaire peut demander. En pratique, un ou deux garants suffisent, et demander davantage est rare et souvent perçu comme excessif.

Un propriétaire peut-il exiger un garant et une assurance loyers impayés ?

Non, sauf pour les locataires étudiants ou apprentis. La loi interdit le cumul entre une assurance loyers impayés et une caution, sauf dans ce cas spécifique.

Que faire si je n’ai pas de garant ?

Si vous n’avez pas de garant, vous pouvez utiliser des dispositifs comme Visale, qui est une caution gratuite proposée par Action Logement. Certaines banques offrent également des cautions bancaires.

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