Les jours fériés sont-ils payés en 2026 : vos droits

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By Nicolas Godet

En France, les jours fériés ne sont pas tous payés automatiquement dans tous les cas. En pratique, un jour férié chômé est souvent maintenu au salaire, mais cela dépend de la loi, de votre ancienneté, de votre temps de travail et surtout de votre convention collective. Le 1er Mai obéit à une règle spécifique.

Chaque année, la même rengaine : « Ces jours fériés, je les touche ou pas ? » « Et si je viens bosser, je gagne vraiment plus ? » La réponse tient en deux mots : souvent oui… mais jamais sans conditions. Suivez le guide : vous verrez qu’entre le Code du travail, les accords d’entreprise et la fameuse exception du 1er Mai, il y a de quoi s’emmêler les pinceaux.

Nous avons donc décortiqué pour vous la réglementation en 2026 : la règle générale, les particularités régionales, les différences selon les contrats… et les bons réflexes pour décrypter votre fiche de paie ou réagir si votre employeur rechigne à payer un jour férié.

Quels sont les jours fériés légaux en France ?

La liste des 11 jours fériés nationaux

L’article L3133-1 du Code du travail en recense onze pour la France métropolitaine :

  • 1er janvier
  • Lundi de Pâques
  • 1er Mai
  • 8 mai
  • Ascension
  • Lundi de Pentecôte
  • 14 juillet
  • 15 août
  • 1er novembre
  • 11 novembre
  • 25 décembre

Ne nous y trompons pas : un jour férié n’est pas forcément synonyme de repos. Dans les faits, c’est l’entreprise, la convention collective ou même un simple usage qui tranche si l’on reste chez soi… ou pas.

Spécificités régionales et professionnelles

Quelques territoires bénéficient de bonus : en Alsace-Moselle, par exemple, le Vendredi saint et le 26 décembre peuvent s’ajouter à la liste officielle.

Et puis, certains secteurs – santé, hôtellerie-restauration, transports, sécurité… – tournent 365 jours par an. Y travailler un jour férié est monnaie courante, mais la convention collective prévoit souvent des contreparties plus généreuses.

Jours fériés obligatoires ou non : le cas à part du 1er Mai

Incontournable : le 1er Mai. Seul ce jour est, par principe, obligatoirement chômé. Si l’activité vitale de l’entreprise impose une présence, le salarié qui travaille ce jour-là touche le double de son salaire pour la journée. C’est écrit noir sur blanc.

Les jours fériés sont-ils payés quand ils sont chômés ?

Le principe de maintien de salaire

La règle est simple : si le jour férié est chômé, vous ne devez pas perdre un centime… à condition de remplir les critères fixés par la loi ou votre convention.

Le Code du travail, via les articles L3133-3 et suivants, garantit ce maintien à tous ceux qui comptent au moins trois mois d’ancienneté dans l’entreprise. Sous cette barre, le texte laisse la porte ouverte à des aménagements – à moins que votre convention collective n’ait décidé d’être plus généreuse.

La condition d’ancienneté de 3 mois existe-t-elle encore ?

Oui, elle figure toujours dans la loi. Toutefois, beaucoup de branches l’ont gommée : elles paient les jours fériés dès l’embauche. Si votre convention collective est plus avantageuse, c’est elle qui prime. Sinon, un salarié fraîchement arrivé peut, hélas, se voir priver de rémunération ce jour-là.

CDD, intérim, apprentis, stagiaires : quelles différences ?

Pour les CDD, même combat : à conditions égales, mêmes droits que les CDI. Les intérimaires dépendent des règles de la société utilisatrice et des accords de branche. Les apprentis peuvent bénéficier d’aménagements particuliers, tandis que les stagiaires, qui ne sont pas des salariés, n’entrent pas dans ce cadre.

Convention collective : pourquoi elle change souvent la rémunération des jours fériés

Majoration, prime ou repos : ce que peut prévoir votre texte

Contrairement aux idées reçues, hors 1er Mai, aucune majoration légale automatique n’existe pour un jour férié travaillé. Pourtant, nombreux sont ceux qui touchent plus. La raison ? Les accords collectifs.

En pratique, on peut trouver :

  • une majoration de salaire ;
  • un repos compensateur ;
  • une prime ponctuelle ;
  • des jours fériés supplémentaires chômés et payés.

Secteurs où les règles sont souvent particulières

Dans la santé, les transports, le commerce, la restauration ou toute activité ouverte en continu, l’exception devient la norme : travailler un jour férié fait partie du deal. Les textes de branche détaillent alors les pourcentages de majoration, les repos de remplacement ou la gestion des heures supplémentaires. D’où l’importance de les connaître.

Comment vérifier votre convention collective

Premier réflexe : dégainez votre bulletin de paie, l’intitulé de la convention y figure. Puis, promenez-vous du côté des chapitres « Jours fériés », « Travail exceptionnel », « Repos compensateur » ou « Ancienneté ». À défaut, les ressources humaines, le CSE ou un représentant syndical sauront vous éclairer. Et pour aller plus loin, les fiches pratiques du ministère du Travail restent une mine d’or.

Travailler un jour férié : êtes-vous payé plus ?

Peut-on être obligé de travailler un jour férié ?

Hormis le 1er Mai – quasi sacré – votre employeur peut vous programmer un 8 mai, un 15 août ou un 25 décembre, si l’activité l’impose et que les règles collectives le permettent. Tout est question d’organisation :

  • Jour férié chômé : vous restez chez vous, le salaire suit (sous conditions).
  • Jour férié travaillé : vous êtes à votre poste, avec ou sans bonus selon les textes.

Quels jours fériés sont payés double ?

C’est sans suspense : seul le 1er Mai. Les autres jours n’ouvrent droit à un doublement que si votre convention ou un accord interne le prévoit.

Heures supplémentaires et repos compensateur

Si votre journée fériée déborde sur des heures sup’, celles-ci seront majorées comme d’habitude. Cumul possible, donc, entre la majoration « heures sup’ » et celle, éventuelle, du jour férié. Quant au repos compensateur, il n’est pas systématique ; tout dépend, encore une fois, de votre secteur et des accords en vigueur.

Dans quels cas un jour férié peut-il ne pas être payé ?

Temps partiel : tout dépend de votre jour habituel de travail

Salarié(e) à temps partiel ? Faites ce petit test : le jour férié correspond-il à l’un de vos jours de travail habituels ? Si oui, il sera, la plupart du temps, rémunéré. S’il tombe un jour où vous ne mettez jamais les pieds au bureau, le versement d’un supplément n’est pas garanti.

Absence injustifiée, congé sans solde, maladie

Autres situations où la paie peut faire grise mine :

  • vous étiez absent sans justification juste avant ou juste après le jour férié ;
  • vous aviez posé un congé sans solde ;
  • votre contrat est suspendu ;
  • vous êtes en arrêt maladie, et les règles de maintien diffèrent selon la convention.

Le pont est-il payé comme un jour férié ?

La réponse est non. Le pont n’a pas de statut légal particulier : son sort dépend d’une décision d’entreprise ou d’un accord (récupération, RTT, journée offerte, etc.).

Exemples pratiques, fiche de paie et recours en cas de litige

Exemple de calcul sur la fiche de paie

Cas 1 : vous êtes à temps plein, plus de trois mois d’ancienneté, le jour férié est chômé. Votre salaire mensuel reste intact.

Cas 2 : vous travaillez le 1er Mai. Journée payée 100 €, plus 100 € d’indemnité : total 200 € pour la journée.

Cas 3 : vous êtes à temps partiel, jamais en poste le jeudi, et l’Ascension tombe un jeudi. Aucune rémunération supplémentaire, le jour n’était pas dans votre planning.

Check-list pour vérifier vos droits

  • Le jour en question est-il le 1er Mai ?
  • Était-il chômé ou travaillé ?
  • Comptez-vous au moins 3 mois d’ancienneté ?
  • Êtes-vous à temps plein ou partiel ?
  • Ce jour figure-t-il parmi vos jours habituels de travail ?
  • Que stipule votre convention collective ?
  • Votre fiche de paie mentionne-t-elle une majoration, une prime ou une retenue ?

Que faire si l’employeur refuse de payer un jour férié ?

D’abord, échangez calmement avec la paie ou les RH : demandez des explications écrites, pièces à l’appui (contrat, convention, planning, bulletins, articles L3133-1 et suivants). Si le désaccord persiste, plusieurs recours existent :

  • solliciter le CSE ou un représentant du personnel ;
  • contacter l’inspection du travail ;
  • en dernier ressort, saisir le conseil de prud’hommes.

Pour étayer votre position, appuyez-vous toujours sur les textes officiels : Code du travail et fiches du ministère du Travail.

Ce qu’il faut retenir sur le paiement des jours fériés en 2026

Les jours fériés sont généralement rémunérés, mais jamais de façon automatique. Leur sort dépend d’un trio incontournable : la loi, votre ancienneté et, surtout, votre convention collective. Si vous travaillez un jour férié, rappelez-vous que seul le 1er Mai est payé double.

Le meilleur réflexe ? Gardez votre convention collective à portée de main, surveillez votre planning et passez votre bulletin de paie au peigne fin. Au moindre doute, questionnez – un oubli, ça se corrige, mais encore faut-il le repérer.

Questions fréquentes sur les jours fériés payés

Est-ce que les jours fériés sont payés ?

En France, les jours fériés chômés sont généralement payés si vous avez au moins trois mois d’ancienneté, sauf si votre convention collective prévoit des règles plus avantageuses. Le 1er Mai est une exception : il est obligatoirement payé.

Quels sont les jours fériés qui sont payés ?

Les 11 jours fériés légaux en France, comme le 1er Mai, le 14 juillet ou Noël, peuvent être payés si vous remplissez les conditions d’ancienneté ou si votre convention collective le prévoit. Le 1er Mai est toujours payé, même travaillé.

Pourquoi certains jours fériés ne sont pas payés ?

Certains jours fériés ne sont pas payés si vous n’avez pas trois mois d’ancienneté ou si votre convention collective ne prévoit pas de maintien de salaire. Les stagiaires, par exemple, ne sont pas concernés par ces dispositions.

Que prévoit la loi pour les jours fériés travaillés ?

La loi ne prévoit pas de majoration automatique pour les jours fériés travaillés, sauf le 1er Mai, qui doit être payé double. Les autres jours dépendent des accords collectifs ou des usages dans votre entreprise.

Les jours fériés sont-ils payés pour les CDD et intérimaires ?

Oui, les CDD et intérimaires bénéficient des mêmes droits que les CDI pour les jours fériés, à condition de remplir les critères d’ancienneté ou de suivre les règles de la convention collective applicable.

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