Votre Livret A et votre LDDS atteignent déjà leur plafond et votre conseiller vous glisse à l’oreille l’idée d’un « Livret B », parfois baptisé « compte sur livret » ? Avant de transférer vos économies, mieux vaut savoir exactement à quoi vous attendre : combien ça rapporte vraiment, quel impôt s’y applique et, surtout, si l’opération a encore du sens en 2026. Cette fiche passe tout en revue – chiffres à l’appui – pour savoir si le Livret B mérite toujours une petite place dans votre stratégie d’épargne.
Livret B : définition et fonctionnement
Un cousin « libre » des livrets réglementés
Derrière l’appellation « Livret B » se cache en réalité un livret d’épargne bancaire, ou compte sur livret (CSL). Vous y déposez vos liquidités quand bon vous semble ; la banque les rémunère, le capital est garanti et vous pouvez retirer votre argent quand vous le souhaitez.
Mais, contrairement au Livret A, au LDDS ou au LEP :
- rien n’est décidé par l’État. Chaque banque choisit librement le taux, le plafond (ou son absence) et les règles d’ouverture ;
- le taux est entièrement libre. Il peut évoluer à tout moment, la banque devant simplement vous prévenir ;
- les intérêts sont imposables. Aucune exonération n’est prévue – on entre donc dans la fiscalité classique des placements financiers.
Côté texte de loi, le Livret B est régi par l’article L312-1-7 du Code monétaire et financier : il s’agit d’un dépôt remboursable « à vue », distinct de votre compte courant.
Qui le propose ? Sous quelle forme ?
Banque de réseau, enseigne en ligne ou établissement mutualiste : presque tout le monde commercialise son Livret B, parfois sous un autre nom (« compte sur livret », « livret d’épargne plus », « super livret »…). Les détails changent d’une enseigne à l’autre :
- Taux de base – avec ou sans coup de pouce promotionnel sur quelques mois ;
- Plafond – aucun seuil légal, seulement celui fixé par le contrat ;
- Montant minimal – à l’ouverture, au versement ou au retrait, la banque peut imposer un plancher.
Capital protégé, argent disponible
Le Livret B reste un placement à capital garanti : la banque doit restituer intégralement votre mise (sauf saisie judiciaire ou fiscale). Les liquidités sont mobiles à tout moment : un virement suffit pour retirer, aucune durée minimum n’est exigée, et pas de pénalité hormis la classique histoire des quinzaines – nous y revenons.
Conditions d’ouverture et de détention
Qui a le droit d’en ouvrir un ?
Bonne nouvelle : tout le monde ou presque peut ouvrir un Livret B (source : Service-public.fr). Pas de limite d’âge ni de nationalité ; même un non-résident fiscal français peut en détenir un – la fiscalité suivra simplement les règles de son statut. La banque, elle, conserve néanmoins la possibilité de refuser un dossier (lutte anti-blanchiment, pièces manquantes, etc.).
Ouvrir en agence ou en ligne : formalités
L’opération se matérialise par une convention de compte (souvent jointe à votre convention de compte courant) où figurent les conditions d’ouverture, de clôture, de rémunération, de communication des changements de taux, etc. Côté paperasse, rien d’exotique : pièce d’identité, justificatif de domicile, RIB, et pour un mineur le livret de famille plus la pièce d’identité du représentant légal.
Vous signez tout cela :
- en face à face, stylo ou signature électronique ;
- ou, de plus en plus souvent, 100 % en ligne si vous êtes client d’une banque digitale (ou que votre banque traditionnelle propose l’option).
Un livret, deux livrets, trois livrets…
À la différence du Livret A ou du LDDS – qui sont uniques par personne – vous pouvez collectionner les Livrets B. Dans une même banque ou dans plusieurs. Seul bémol : chaque établissement peut limiter le nombre de comptes de ce type par client, et multiplier les livrets complique sérieusement le suivi… sans booster le taux.
Taux, plafond, calcul des intérêts
À combien tourne un Livret B en 2026 ?
Ici, pas de taux uniforme : chaque banque fixe le sien. Début 2026, on observe généralement :
- 0,5 % à 1,2 % brut pour les offres « de base » ;
- 3 % à 4 % brut pendant trois à six mois sur quelques « super livrets » dopés aux offres de bienvenue.
C’est mieux qu’en 2020–2021 (à peine 0,10–0,30 %) mais cela reste modeste, d’autant qu’il faut encore soustraire la fiscalité et respecter la fameuse règle des quinzaines.
Pas de plafond légal, mais gare aux petits caractères
En théorie, vous pourriez y mettre des millions : aucun plafond légal. En pratique, la banque peut poser sa propre limite (100 000 €, 150 000 €…). Au-delà, elle peut refuser les versements ou cesser de rémunérer l’excédent.
Les quinzaines : ces fameuses dates qui mangent (ou pas) vos intérêts
Les intérêts sont calculés par périodes fixes : du 1er au 15, puis du 16 à la fin du mois. Un versement effectué le 10 commencera donc à produire des intérêts à partir du 16. À l’inverse, retirer le 14 vous fait perdre la quinzaine en cours. Conclusion : déposer juste avant le 1er ou le 16, retirer après le 15 ou le 30/31.
Le cumul des quinzaines est ajouté à votre livret chaque 31 décembre ; ces intérêts se capitalisent et travailleront l’année suivante.
Combien pouvez-vous espérer ? Quelques chiffres
Prenons un Livret B rémunéré 1,20 % brut. Après la flat tax de 30 %, il reste 0,84 % net. Sur une année pleine :
| Encours moyen | Intérêts bruts | Intérêts nets (PFU 30 %) |
|---|---|---|
| 1 000 € | 12 € | ≈ 8,40 € |
| 10 000 € | 120 € | ≈ 84 € |
| 50 000 € | 600 € | ≈ 420 € |
| 100 000 € | 1 200 € | ≈ 840 € |
Mettez ces montants face aux 300 € nets qu’offrirait, par exemple, un Livret A à 3 % sur 10 000 € : la différence saute aux yeux.
Envie de jouer avec vos propres chiffres ? Dans un tableur, entrez :
- Montant placé (M)
- Taux brut annuel (T)
- Taux fiscal (30 % pour le PFU, ou votre tranche +17,2 %)
- Inflation supposée (I)
Et appliquez : M × T × (1 − taux_fiscal) − (M × I). Vous voilà fixé sur votre gain réel de pouvoir d’achat.
Fiscalité : impôt, prélèvements sociaux, déclarations
Flat tax ou barème : comment décider ?
Oui, les intérêts du Livret B sont imposables, comme tous les revenus de capitaux mobiliers. Deux routes :
- PFU à 30 % (par défaut) : 12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux ;
- Barème progressif : vos intérêts s’additionnent à vos autres revenus, puis subissent votre tranche marginale (11 %, 30 %, 41 %, 45 %) + 17,2 % de prélèvements sociaux. Cela peut valoir le coup si votre revenu imposable est faible.
Dans tous les cas, la banque prélève un acompte lors du versement des intérêts ; vous ferez le bilan dans votre déclaration annuelle.
Particularités : mineurs, non-résidents, couples
Mineur ? Les parents ouvrent et les intérêts tombent dans leur propre déclaration. Non-résident ? Vous conservez le livret, mais la retenue à la source dépend des conventions fiscales. Couple marié ou pacsé ? Vous pouvez opter pour un compte joint ; les intérêts rejoignent votre déclaration commune.
Quelques pistes pour alléger la note fiscale
• Avant tout, remplissez vos livrets exonérés (A, LDDS, LEP).
• Faites tourner un simulateur pour arbitrer PFU / barème.
• Fiscalité légère ? Le barème peut être plus doux.
• Trésorerie qui dort ? Au-delà de votre matelas de sécurité, songez à un compte à terme ou à l’assurance-vie en fonds euros.
Versements, retraits, transfert impossible, clôture
Alimenter ou vider son Livret B, c’est simple
Virements, dépôts d’espèces, chèques : l’alimentation est libre, mais la banque peut exiger un minimum (10 € est fréquent). Pour les retraits, même souplesse : virement vers le compte courant, passage au guichet, voire carte de retrait. Les frais d’opération sont rares ; le solde minimal, lui, dépend du contrat.
Changer de crèmerie ? Il faut fermer puis rouvrir
Pas de transfert possible : on clôt dans la banque A, on récupère les fonds, on ouvre ailleurs. C’est un peu fastidieux, mais c’est la seule voie si vous visez un meilleur taux.
Clore son Livret B sans accroc
Une lettre (papier ou via l’espace client) suffit. La banque calcule les intérêts courus et vous vire la totalité du solde, en général sous quelques jours. Pensez à sauvegarder l’historique pour votre prochaine déclaration.
Peut-on vous saisir votre Livret B ?
Oui, sous certaines conditions
Le Livret B n’est pas protégé : Trésor public ou créancier muni d’un titre exécutoire peuvent déclencher une saisie-attribution. Aucun seuil d’insaisissabilité n’est prévu, contrairement à ce qui existe pour certains comptes.
Que faire quand vos autres livrets sont pleins ?
La hiérarchie des solutions « sans risque »
1) Livret A (22 950 €).
2) LDDS (12 000 €).
3) LEP (10 000 € et des conditions de revenus).
4) Livret Jeune (si vous avez entre 12 et 25 ans).
5) Ensuite, et seulement ensuite, le Livret B vient compléter.
Comptes à terme et fonds euros : parfois plus payants
Vous avez déjà saturé Livret A et LDDS ? Les comptes à terme (taux verrouillé mais argent bloqué) ou les fonds euros de l’assurance-vie (rendement 3–4 % brut en 2025, capital garanti) peuvent doper un peu la rémunération, sans vous exposer aux montagnes russes des marchés actions.
ETF/OPCVM monétaires : une petite dose de volatilité
Si vous acceptez un risque minimal pour grappiller quelques points de performance, les ETF monétaires ou fonds court terme méritent un coup d’œil. Pas de garantie en capital, certes, mais les variations restent limitées.
Livret B face à l’inflation : verdict 2026
Gagner des euros, perdre du pouvoir d’achat ?
Imaginez : inflation à 2,5 %, Livret B à 1,20 % brut – soit 0,84 % net après PFU. Le rendement réel glisse alors à −1,66 %. Vos euros gonflent un peu… pendant que leur valeur réelle s’érode.
Petit tableau repère
| Placement | Taux nominal | Fiscalité | Taux net indicatif |
|---|---|---|---|
| Livret A | 3 % | Exonéré | 3 % |
| LDDS | 3 % | Exonéré | 3 % |
| Livret B | 1,20 % brut | PFU 30 % | 0,84 % net |
| Compte à terme 2 ans | 2,5 % brut | PFU 30 % | 1,75 % net |
| Fonds euros | 3–4 % brut | Assurance-vie | ≈ 2–3 % net* |
*Selon ancienneté du contrat et fiscalité personnelle.
Trois profils, trois usages concrets
Étudiant
Vous êtes encore sur les bancs de la fac ? Remplissez d’abord votre Livret Jeune puis votre Livret A. Le Livret B, lui, servira juste de tirelire d’appoint (quelques centaines d’euros). Vos revenus étant souvent modestes, comparez PFU et barème : la seconde option peut se révéler plus douce.
Retraité prudent
Votre matelas de sécurité engloutit déjà Livret A et LDDS ? Conservez-y six mois de dépenses courantes, puis répartissez le surplus entre un brin de Livret B, des comptes à terme et, pourquoi pas, un bon fonds euros pour grappiller un rendement correct tout en restant serein.
Expatrié ou non-résident
Vous vivez à l’étranger mais gardez des comptes en France ? Jetez un œil aux conventions fiscales : la retenue à la source peut varier. Le Livret B fonctionne alors comme un « parking » en euros, mais comparez son rendement à celui des produits locaux avant de trancher.
Check-list express
Avant l’ouverture
- Votre Livret A/LDDS/LEP sont-ils déjà au maximum ?
- Avez-vous comparé les taux (et la durée des bonus) de plusieurs banques ?
- Connaissez-vous plafond contractuel, minimums, modalités de retrait ?
Pour la clôture
- Téléchargez l’historique des opérations et intérêts.
- Envoyez la demande (courrier ou espace client) en précisant le RIB de destination.
- Vérifiez que les intérêts courus ont bien été versés.
Avantages, limites, bons usages en 2026
Ce qu’on aime
• Sécurité du capital
• Accès aux fonds à tout moment
• Aucune limite légale de dépôt
• Ouverture rapide, même en ligne
• Possibilité d’en détenir plusieurs
Ce qu’on aime moins
• Taux souvent en dessous du Livret A ou du LDDS
• Intérêts imposables
• Rendement réel souvent rongé par l’inflation
Pour qui ?
Le Livret B reste pertinent si vous cherchez :
- un petit coussin de liquidités une fois vos livrets défiscalisés pleins ;
- un point de passage temporaire pour des fonds en transit ;
- une solution ultra-simple, sans engagement.
En revanche, il s’adresse moins à ceux qui visent un objectif long terme ou souhaitent protéger leur capital de l’inflation. Dans ces cas-là, pensez aux comptes à terme, aux fonds euros, voire à des supports légèrement plus dynamiques.
Le mot de la fin : le Livret B en 2026, on y va ?
Liquide, sûr, facile : sur ces points, le Livret B fait toujours le job. Mais son rendement, pénalisé par la fiscalité et souvent inférieur à l’inflation, le cantonne au rôle de roue de secours. Moralité ? Remplissez d’abord vos livrets réglementés, gardez un filet de sécurité sur Livret B si besoin, puis orientez l’excédent vers des produits sécurisés mais plus rentables ou vers des placements adaptés à votre profil de risque.
Besoin de trancher ? Un simple tableur, quatre variables (montant, taux, fiscalité, inflation) et vous saurez tout de suite si le Livret B vous enrichit… ou s’il se contente de faire patienter votre argent.
Questions fréquentes sur le Livret B
Qu’est-ce qu’un Livret B ?
Le Livret B, aussi appelé compte sur livret, est un produit d’épargne bancaire non réglementé. Il permet de déposer et retirer librement des fonds, avec un taux fixé par la banque. Les intérêts sont imposables et le capital est garanti.
Quel est le taux d’intérêt du Livret B ?
Le taux d’intérêt du Livret B varie selon les banques. En 2026, il se situe généralement entre 0,5 % et 1,2 % brut, avec des promotions atteignant 3 % à 4 % sur certains super livrets pour une durée limitée.
Est-ce que le Livret B est imposable ?
Oui, les intérêts du Livret B sont soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Ils sont intégrés dans la fiscalité classique des placements financiers.
Qui peut ouvrir un Livret B ?
Tout le monde peut ouvrir un Livret B, sans condition d’âge ou de nationalité. Même les non-résidents fiscaux français peuvent en détenir un, sous réserve de l’acceptation de la banque.
Peut-on avoir plusieurs Livrets B ?
Oui, il est possible d’ouvrir plusieurs Livrets B, dans une même banque ou dans différentes banques. Cependant, chaque établissement peut limiter le nombre de comptes par client.
Où placer son argent quand tous les livrets sont pleins ?
Lorsque vos livrets réglementés sont pleins, vous pouvez envisager un Livret B, une assurance-vie ou un plan d’épargne en actions (PEA). Ces options dépendent de vos objectifs et de votre tolérance au risque.