Salaire moyen des femmes en France en 2023 : chiffres clés, écarts avec les hommes et évolutions

Photo of author

By Nicolas Godet

En 2023, l’écart de rémunération entre femmes et hommes ne faiblit pas vraiment : dans le secteur privé, les femmes gagnent encore plus de 22 % de moins que leurs collègues masculins. Les chiffres publiés par l’Insee le confirment. Comprendre ces écarts – salaire, temps de travail, métiers occupés – reste indispensable pour mesurer les inégalités salariales et suivre leur évolution.

Salaire moyen des femmes en France en 2023 : les chiffres clés
• Revenu salarial annuel moyen : 21 340 € nets pour les femmes, 27 430 € pour les hommes.
• Écart global : 22,2 % au détriment des femmes.

Ce revenu salarial ajoute au salaire mensuel :
– le temps de travail effectif (temps plein ou partiel),
– les périodes de présence ou d’absence au cours de l’année.

En clair, il répond à une question simple : combien une femme gagne-t-elle réellement sur douze mois de travail ?

Que reste-t-il de l’écart à temps de travail égal ?
Pour neutraliser l’effet du temps de travail, l’Insee calcule le salaire net en équivalent temps plein (EQTP) : le salaire qu’une personne toucherait si elle travaillait à temps plein pendant toute l’année.

En 2023 :
Salaires moyens en EQTP : les femmes restent payées 14,2 % de moins que les hommes.
• Volume de travail : les femmes effectuent en moyenne 0,71 EQTP, soit 9,3 % de moins que les hommes.

Le temps partiel et les interruptions de carrière expliquent une part de l’écart, mais même à temps plein, les femmes restent moins payées.

De 22,2 % à 3,8 % : comment se décomposent les écarts femmes-hommes ?
• Revenu salarial global : 22,2 % d’écart.
• Salaire en EQTP : environ 14 %.
• À emploi comparable (même poste, même établissement) : 3,8 %.

Ce dernier indicateur isole partiellement la discrimination salariale. Il ne tient toutefois pas compte d’éléments comme l’ancienneté ou les diplômes, d’où le « noyau dur » de 3,8 % d’inégalités persistantes.

Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes ?
Plusieurs facteurs se combinent :

• Volume de travail : davantage de temps partiel et de périodes sans emploi.
• Ségrégation professionnelle : forte présence des femmes dans les métiers et secteurs moins rémunérateurs.
• Accès aux plus hauts salaires : 54 % des salariés les moins payés sont des femmes, mais elles ne sont que 24 % dans le top 1 % des rémunérations.
• Parentalité : la naissance d’un enfant pèse davantage sur la carrière et les revenus des mères.

À noter : l’écart s’élargit avec l’âge, passant d’environ 4 % chez les moins de 25 ans à près de 25 % après 60 ans.

Une réduction lente mais réelle des inégalités depuis 1995
• En 1995, l’écart de salaire net en EQTP atteignait 22,1 %. Il tourne aujourd’hui autour de 14 %.
• L’écart de revenu salarial a reculé d’un tiers depuis la fin des années 1990.
• Depuis 2019, la baisse s’accélère : −1 point par an environ pour le revenu salarial.

Cette amélioration tient à la montée en qualification des femmes, à leur présence accrue sur le marché du travail et aux politiques publiques en faveur de l’égalité professionnelle. Mais la convergence reste lente, surtout pour les parents et dans les postes les mieux rémunérés.

Ce qu’il faut retenir sur le salaire moyen des femmes en France
En 2023, les femmes du secteur privé perçoivent en moyenne 21 340 € nets par an, soit plus de 6 000 € de moins que les hommes. À temps de travail équivalent, l’écart se situe encore autour de 14 % et ne disparaît pas complètement même pour des postes identiques.

Pour interpréter ces chiffres, il faut distinguer :
• le niveau de salaire,
• le volume de travail,
• la répartition des métiers et des secteurs,
• l’impact de la parentalité sur les carrières.

Les données de l’Insee montrent que les inégalités se réduisent, mais restent fortement liées au genre des métiers, à l’accès aux postes les mieux payés et aux effets durables de la maternité sur les trajectoires professionnelles.

À lire également