Faut-il garder son assurance vie en 2024 ? Notre avis

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By Nicolas Godet

Oui, garder son assurance vie en 2024 peut rester pertinent si votre contrat est ancien, peu chargé en frais et adapté à vos objectifs. La bonne question n’est pas seulement “faut-il la conserver ?”, mais “faut-il la garder telle quelle, l’optimiser, la transférer ou la clôturer ?”.

D’un côté, les taux d’intérêt griffent à nouveau les sommets. De l’autre, l’inflation lève un peu le pied sans disparaître vraiment tandis que les livrets réglementés se montrent étonnamment séduisants. Pas étonnant, donc, que nombre d’épargnants se demandent s’ils doivent garder leur assurance vie en 2024. Notre réponse ? Ni un “oui” béat, ni un “non” catégorique.

Trois filtres nous semblent essentiels : la qualité intrinsèque du contrat, son âge fiscal et, bien sûr, votre horizon d’investissement. Passons tout cela en revue avant de trancher entre conserver, réaménager, transférer ou fermer.

1. Contexte 2024 : ce qui a changé pour l’assurance vie

Taux des fonds en euros et remontée des taux d’intérêt

Comparé à 2021 ou 2022, le cru 2024 sourit davantage aux fonds en euros. La remontée des rendements obligataires donne aux assureurs un peu d’oxygène et, par ricochet, soutient le taux servi aux épargnants.

La plupart des spécialistes tablent sur une moyenne aux alentours de 2,5 % brut, avec des pointes plus généreuses sur les contrats les mieux dotés. Mais un chiffre nu, aussi engageant soit-il, ne fait pas tout.

Inflation, marché obligataire et impact sur la performance

Car ce qui compte, c’est le net, puis le réel. Un 2,5 % brut fond comme neige au soleil une fois passés les prélèvements sociaux (17,2 %) : reste environ 2,07 %. Si l’inflation s’accroche à 2 %, votre gain réel frôle… zéro.

Alors, faut-il garder son assurance vie en 2024 ? Parfois, oui. Mais croire qu’un fonds en euros, tout seul, préservera durablement votre pouvoir d’achat serait illusoire.

Nouveautés réglementaires et fiscales

Côté loi, pas de séisme : les piliers fiscaux – abattement après 8 ans, cadre successoral, modalités de rachat – tiennent bon. C’est une excellente nouvelle pour la pérennité de l’enveloppe.

À noter également : grâce à la loi Pacte, un transfert interne entre deux contrats du même assureur peut conserver votre précieuse antériorité fiscale. Une bouffée d’air pour ceux qui souhaitent dépoussiérer un vieux contrat sans repartir de zéro.

2. Rendements : que peut-on réellement attendre cette année ?

Projection de rendement des fonds en euros

Pour les profils prudents, le fonds en euros reste le chouchou : capital garanti – hors frais de gestion – et disponibilité fluide. Mais ne rêvons pas : en 2024, la plupart navigueront entre 2 % et un peu plus, net de prélèvements sociaux. Satisfaisant pour dormir sur ses deux oreilles ; pas forcément suffisant pour doper son patrimoine sur quinze ans.

Notre conseil : gardez le fonds en euros pour votre matelas de sécurité ou vos projets à horizon court/moyen terme. Pour dynamiser l’épargne longue, il faudra élargir le champ d’action.

Potentiel et risques des unités de compte

Place ensuite aux unités de compte. Actions internationales, obligations, SCPI, fonds ISR, euro-croissance… Leur palette est vaste, leur rendement potentiel plus élevé, mais la garantie en capital disparaît.

La montée des taux redonne des couleurs aux obligations. Les actions, elles, conservent leurs atouts sur le long cours, au prix de soubresauts. Comment jongler entre tout ce petit monde ? On peut raisonner par horizon :

  • Moins de 3 ans : on reste majoritairement en fonds en euros.
  • 3 à 8 ans : on mélange euros, obligataire et fonds diversifiés.
  • Au-delà de 8 ans : on songe à une dose plus corsée d’unités de compte, si l’on accepte la volatilité.

Comparer avec les livrets, PER et autres placements sûrs

Le Livret A, à 3 %, net d’impôt et 100 % liquide : imbattable pour la tréso du quotidien, mais limité à 22 950 € et sans levier successoral. Le PER ? Formidable pour la retraite si vous êtes fiscalisé. Le PEA ? Un must pour les actions européennes à long terme. En face, l’assurance vie joue la carte de la polyvalence : épargne, transmission, flexibilité des rachats et grande diversité de supports.

3. Fiscalité 2024 de l’assurance vie : le vrai calcul net

Avant / après 8 ans : abattements et PFU

Beaucoup l’oublient : passé 8 ans, chaque année, vos gains bénéficient d’un abattement de

  • 4 600 € pour une personne seule,
  • 9 200 € pour un couple marié ou pacsé.

Avant ce cap, la taxation passe en principe par le PFU à 30 %. Après 8 ans, la facture fiscale se fait nettement plus légère. Clore un vieux contrat sans réfléchir revient donc, parfois, à jeter ces avantages par la fenêtre.

Prélèvements sociaux et fiscalité en cas de rachat

Petit rappel : lors d’un rachat partiel, seule la part des gains est imposée, pas le capital initial. Vous pouvez donc prélever exactement ce dont vous avez besoin tout en préservant l’antériorité du contrat. Une souplesse que peu d’enveloppes offrent.

Transmission : avantages successoraux inchangés ?

La réponse est claire : oui. Sous réserve des conditions d’âge lors des versements et d’une clause bénéficiaire actualisée, l’assurance vie reste un outil de choix pour transmettre hors succession classique. Mieux vaut cependant vérifier les subtilités sur service-public.fr ou avec un conseiller.

4. Garder, arbitrer ou transférer : méthode de décision pas à pas

Diagnostic express en 3 minutes

Besoin d’un verdict rapide ? Procédez comme suit :

  • 1. Passez le contrat au crible. Frais d’entrée, de gestion, d’arbitrage, qualité du fonds euros, variété des supports : tout doit être épluché.
  • 2. Estimez le rendement net 2024. Dégagez le brut, soustrayez les 17,2 % de PS, puis comparez à l’inflation attendue.
  • 3. Faites jouer la concurrence. Un Livret A, un PER ou un PEA ne répondrait-il pas mieux à votre besoin actuel ?

En résumé :

  • Contrat +8 ans, frais corrects, objectif patrimoine ? On conserve.
  • Contrat ancien mais glouton en frais ? On envisage un transfert ou un gros coup d’arbitrage.
  • Contrat jeune et décevant ? On compare sérieusement avec d’autres solutions.

Vérifier l’ancienneté, les frais et la performance de son contrat

Souvent, le loup se cache dans… les frais. Versement, gestion annuelle, arbitrages, coûts des supports : additionnez-les et regardez la performance réelle sur 3 à 5 ans. Un contrat gourmand peut engloutir votre rendement. À l’inverse, un bon contrat d’assurance vie reste un vrai couteau suisse financier.

Optimiser via les arbitrages et la gestion pilotée

Avant de claquer la porte, demandez-vous : « Ai-je exploité toutes les options ? » Vous pourriez :

  • réduire la part du fonds en euros si elle est devenue trop confortable ;
  • injecter des unités de compte adaptées à votre tolérance au risque ;
  • tester une gestion pilotée pour déléguer les manettes ;
  • explorer les supports euro-croissance ou les nouvelles poches obligataires.

Idées de mix :

  • Prudent : 70 % euros, 30 % obligataire/fonds diversifiés.
  • Équilibré : moitié euros, moitié UC.
  • Dynamique : 20 – 30 % euros, le reste en UC à long terme.

Transfert d’assurance vie sans perdre l’antériorité : mode d’emploi

Grâce à la loi Pacte, un transfert “interne” – c’est-à-dire vers un autre contrat du même assureur – peut sauver votre antériorité fiscale. Interrogez votre assureur : si le vieux contrat coûte cher ou manque de supports, cette option peut être la planche de salut.

5. Diversifier en 2024 : quelles alternatives ou compléments ?

PER, PEA, SCPI, obligations : pour quels objectifs ?

Conserver son assurance vie ne signifie pas tout miser dessus. Le maître mot reste la diversification :

  • Livret A : la tirelire d’urgence, nets d’impôts mais plafonnée.
  • PER : l’atout retraite, surtout si vous êtes imposé.
  • PEA : la voie royale pour les actions européennes sur le long terme.
  • SCPI : des revenus potentiels, contre un moindre niveau de liquidité.
  • Obligations / fonds obligataires : redevenus séduisants grâce à la hausse des taux.

Répartir son épargne selon son profil de risque

C’est le moment de prendre un peu de recul : quelle part souhaitez-vous voir sécurisée, disponible, ou exposée ? Trois pistes pour se repérer :

  • Sécurité : fonds garantis, livrets, court terme.
  • Revenus futurs : panachage euros, SCPI, obligations, PER.
  • Transmission & croissance : assurance vie + PEA, avec une pincée de dynamisme.

Checklist des bonnes pratiques avant de décider

Voici un pense-bête à dégainer avant toute décision :

  • Rendement net du fonds en euros l’an dernier ?
  • Somme des frais (versement, gestion, arbitrage) ?
  • Possibilité de transfert interne “loi Pacte” ?
  • Richesse et coût des unités de compte disponibles ?
  • Clause bénéficiaire : toujours alignée sur vos souhaits ?
  • Horizon d’investissement cohérent avec l’allocation actuelle ?
  • Un simple rachat partiel ne suffirait-il pas à votre besoin de trésorerie ?

Conclusion : faut-il garder son assurance vie en 2024 ? Notre avis

Dans bien des cas, la réponse est oui. Un contrat de plus de 8 ans, doté de frais raisonnables, reste une pièce maîtresse pour épargner, diversifier et préparer la succession.

Cela dit, le laisser dormir tout en fonds en euros ou le conserver s’il est trop coûteux n’a rien d’une fatalité. Un arbitrage, une diversification, voire un transfert interne peuvent métamorphoser son potentiel.

Au fond, la règle est simple : on garde l’enveloppe si elle nous sert, mais on l’oblige à mieux travailler. Alors avant de trancher, passez votre contrat au rayon X : âge, frais, rendement net, concurrence, inflation. En 2024, la vraie faute, ce n’est pas de détenir une assurance vie ; c’est de ne pas la challenger régulièrement.

Questions fréquentes sur l’assurance vie en 2024

Faut-il garder son assurance vie en 2024 ?

Garder son assurance vie en 2024 peut être judicieux si votre contrat est ancien, fiscalement avantageux et adapté à vos objectifs. Toutefois, il peut être pertinent de l’optimiser ou de transférer les fonds pour profiter de meilleures performances.

Est-il intéressant d’avoir une assurance vie en 2024 ?

Oui, l’assurance vie reste intéressante en 2024 grâce à ses avantages fiscaux après 8 ans, sa flexibilité et sa diversité de supports. Cependant, il est crucial de comparer les rendements avec d’autres placements comme le Livret A ou le PER.

Quels sont les pièges de l’assurance vie ?

Les principaux pièges incluent les frais élevés, des contrats peu performants ou mal diversifiés, et une mauvaise compréhension des risques liés aux unités de compte. Il est essentiel de bien analyser son contrat et de l’adapter à ses objectifs.

Que faire de son assurance vie en 2024 ?

En 2024, vous pouvez conserver votre assurance vie, l’optimiser en ajustant vos supports d’investissement, ou transférer vos fonds vers un contrat plus performant tout en préservant l’antériorité fiscale grâce à la loi Pacte.

Comment optimiser le rendement de son assurance vie ?

Pour optimiser le rendement, diversifiez vos placements entre fonds en euros et unités de compte, en fonction de votre horizon d’investissement. Évitez les contrats chargés en frais et privilégiez des supports performants comme les obligations ou les fonds ISR.

Quelle fiscalité s’applique à l’assurance vie après 8 ans ?

Après 8 ans, les gains bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule (9 200 € pour un couple), réduisant l’imposition. Au-delà, les gains sont taxés à 7,5 % après prélèvements sociaux.

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