Les fonds en euros vont-ils remonter en 2026 ?

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By Nicolas Godet

Oui, les fonds en euros peuvent encore remonter en 2026, mais lentement. Leur rendement dépend surtout des taux obligataires, de la politique de la BCE et des réserves des assureurs. Après le rebond observé depuis 2023, le scénario le plus probable reste une hausse modérée, pas un retour aux niveaux d’il y a 15 ans.

Les fonds en euros font de nouveau parler d’eux dans les discussions patrimoniales. Longtemps en perte de vitesse, ils ont enfin cessé de s’éroder et affichent un regain de forme. Désormais, la question n’est plus seulement si les fonds en euros vont remonter, mais plutôt : jusqu’où la hausse peut-elle aller et, surtout, à quel rythme ?

À l’horizon 2026, on peut raisonnablement tabler sur une progression lente, sans grand bond en avant. Pour s’en convaincre, il suffit de passer en revue quatre leviers essentiels : l’évolution des taux obligataires, la stratégie de la BCE, l’épaisseur des réserves des assureurs et la structure réelle de votre contrat d’assurance-vie.

Pourquoi les fonds en euros ont vu leur rendement chuter ces dix dernières années ?

L’impact durable des taux bas et des politiques de la BCE

Depuis 2015, la zone euro a vécu au rythme des taux planchers — parfois même négatifs. Une BCE très conciliante a soutenu la croissance, mais au prix d’un effondrement des rendements obligataires. Or le cœur de portefeuille d’un fonds en euros, ce sont précisément ces obligations d’État ou d’entreprises.

Contrairement à un simple livret dont le taux se revalorise presque en temps réel, un fonds euro répercute la variation des taux avec retard : quand les obligations anciennes arrivent à échéance, l’assureur les remplace par d’autres, souvent moins lucratives en période de taux bas. La baisse se fait donc en douceur… mais elle paraît sans fin quand la situation dure.

La composition obligataire des fonds en euros

La mécanique est bien connue : un fonds euro classique reste massivement investi en obligations. Selon les maisons, on y ajoute un zeste d’immobilier, une pincée d’actions ou quelques actifs alternatifs, mais l’essentiel tient aux coupons obligataires.

D’où l’intérêt de suivre l’OAT 10 ans française, baromètre ultra-scruté. Lorsque les rendements à long terme grimpent, les compagnies peuvent entrer de nouvelles lignes plus rentables. L’inconvénient ? La duration du portefeuille obligataire agit comme un amortisseur : la hausse met du temps à irriguer le rendement servi.

Rôle des réserves et de l’effet cliquet

Autre spécificité, l’incontournable effet cliquet : une fois les intérêts crédités, ils sont verrouillés, impossible pour l’assureur de les reprendre. Cela impose une gestion prudente.

Pour lisser les à-coups, les compagnies disposent de la fameuse provision pour participation aux bénéfices (PPB). Elle a amorti le choc des années de disette et, aujourd’hui, sert encore de matelas pour arrondir les courbes. Mais attention : cette réserve n’est pas inépuisable, comme le rappellent régulièrement l’ACPR et France Assureurs.

Les signaux de reprise : ce que montrent déjà les taux 2023-2025

Hausse des OAT : un premier indicateur clé

Depuis 2022, les taux directeurs et les taux longs ont rebondi ; l’air est de nouveau respirable pour les coupons obligataires. Résultat : les rendements servis en 2023 ont commencé à se redresser. La question « les fonds en euros vont-ils remonter ? » n’est donc plus théorique : c’est déjà en cours, même si l’héritage d’obligations anciennes pèse toujours sur la moyenne.

Comment les assureurs réajustent leurs portefeuilles

Les compagnies profitent des nouvelles émissions pour améliorer la rentabilité future, mais plusieurs obstacles subsistent :

  • la rotation des portefeuilles reste un marathon, pas un sprint ;
  • les règles prudentielles incitent à la prudence ;
  • les frais de gestion grignotent le rendement brut ;
  • la concurrence pousse à distribuer la PPB avec parcimonie.

En bref, la hausse des taux finit toujours par percoler dans le fonds euro… mais il faut lui laisser du temps.

Comparatif des rendements annoncés par les assureurs

Sur la place, on voit désormais des rendements moyens flirtant avec 2,5 % à 2,7 % pour les millésimes les plus récents ; certains fonds « nouvelle génération » font un peu mieux grâce à davantage d’immobilier ou de diversification.

Gardez cependant un œil critique : le joli taux mis en avant est souvent conditionné à un ticket d’entrée ou à une part minimale en unités de compte.

2025-2027 : trois scénarios de remontée des fonds en euros

Pour répondre honnêtement à « les fonds en euros vont-ils remonter en 2026 ? », rien de mieux qu’un raisonnement par scénarios macroéconomiques.

Scénario central : normalisation graduelle des taux directeurs

C’est le plus crédible. L’inflation ralentit sans disparaître ; la BCE lève un peu le pied ; les taux longs restent confortables. Conséquence : les nouvelles obligations rapportent mieux, et le rendement des fonds euro monte en douceur.

  • Hypothèse : OAT 10 ans stable ou légèrement élevée
  • Effet attendu : progression régulière du rendement
  • Projection 2026 : entre 2,5 % et 3,1 % avant fiscalité, selon la qualité du contrat

Scénario optimiste : inflation maîtrisée, taux longs porteurs

Si l’inflation se range sagement et que la courbe des taux reste généreuse, les assureurs engrangeront des coupons plus étoffés tout en s’appuyant sur la PPB.

  • Hypothèse : inflation domptée, rendements obligataires fermes
  • Effet attendu : hausse plus marquée des rendements servis
  • Projection 2026-2027 : 3 % à 3,5 % pour les meilleurs élèves

On resterait toutefois loin des 4 %-5 % qui faisaient rêver il y a quinze ans.

Scénario pessimiste : retour des politiques accommodantes

Une rechute économique, un virage monétaire brusque, et les taux longs pourraient replonger. Les assureurs utiliseraient alors leurs réserves pour amortir le choc, mais la dynamique se gripperait.

  • Hypothèse : baisse marquée des taux longs
  • Effet attendu : rendement en plateau, voire léger retrait après 2026
  • Projection : 2 % à 2,6 % selon les contrats

Opportunités et limites pour l’épargnant

Fonds en euros classiques vs euro-croissance : quelles différences ?

Le fonds euro classique offre la garantie du capital (hors frais de gestion) et une disponibilité permanente. À l’inverse, le support euro-croissance vise plus de performance, mais la garantie n’est totale qu’au terme prévu. Pour ceux qui voient loin, c’est une piste. Pour une poche de sécurité immédiate, le traditionnel fonds euro reste incontournable.

Frais, fiscalité et disponibilité des capitaux

Un beau rendement brut peut s’éroder vite si l’on néglige :

  • les frais annuels de gestion ;
  • les coûts d’arbitrage ;
  • les conditions de versement ou de sortie ;
  • et, bien sûr, la fiscalité au moment du rachat (PFU ou régime de l’assurance-vie après huit ans, sans oublier les prélèvements sociaux).

Peut-on encore investir 100 % en fonds euro ?

Techniquement, oui, sur certains contrats. Stratégie idéale ? Pas forcément. Pour une réserve de précaution ou un projet à moyen terme, pourquoi pas. Mais sur le long cours, le duo inflation-frais risque d’éroder la performance réelle.

Autre élément : l’accès aux fonds euro les plus rémunérateurs est parfois conditionné à une dose d’unités de compte ou à un plafond de versement.

Comment adapter sa stratégie d’assurance-vie dès maintenant ?

Arbitrages progressifs : méthode et timing

Faut-il attendre des taux encore plus hauts ? Rares sont ceux qui réussissent le « coup parfait ». La plupart des épargnants ont intérêt à avancer par petites touches :

  • mettez en place des versements programmés ;
  • réduisez peu à peu l’exposition aux actifs trop volatils si votre horizon se raccourcit ;
  • passez vos contrats en revue chaque année ;
  • gardez un œil sur la PPB et les éventuels bonus.

Pourcentage conseillé en fonds euro selon le profil de risque

Aucune recette universelle, mais quelques repères :

  • Prudent : majorité en fonds euro, soupçon d’unités de compte pour ne pas rester à quai.
  • Équilibré : répartition à parts à peu près égales entre sécurité et dynamisme.
  • Dynamique : le fonds euro sert de coussin, pas de moteur.

L’horizon de placement, la tolérance au risque et vos autres avoirs bancaires font office de boussole.

Suivre la communication des assureurs

Devant un taux alléchant, posez-vous quelques questions :

  • est-il ouvert à tous ou réservé à certaines catégories ?
  • faut-il souscrire un quota d’unités de compte pour en profiter ?
  • quelle est la taille de la PPB du contrat ?
  • s’agit-il d’un fonds euro « traditionnel » ou d’une version boostée ?

C’est à ce niveau de détail que se joue, bien souvent, la performance durable.

FAQ – Réponses express aux questions clés sur le futur des fonds en euros

Quel est l’avenir des fonds en euros à l’horizon 2026 ?

Le scénario le plus probable est une hausse modérée ou une stabilisation à un niveau supérieur à celui des années 2019-2021. Les meilleurs contrats pourraient rester proches de 3 % ou un peu au-dessus, mais pas beaucoup plus.

Quel est le niveau de risque réel d’un fonds en euros aujourd’hui ?

Le risque de perte en capital est très limité sur un fonds euro classique, grâce à la garantie de l’assureur. En revanche, il existe un risque de rendement insuffisant face à l’inflation, ainsi qu’un risque de liquidité contractuelle selon les règles du produit.

Les fonds en euros vont-ils remonter en 2026 ?

Probablement oui, mais lentement. La remontée dépendra surtout des taux obligataires, de la politique monétaire de la BCE et de la capacité des assureurs à utiliser leurs réserves sans fragiliser l’équilibre futur du contrat.

Quelles alternatives pour dynamiser son assurance-vie ?

Les principales alternatives sont les unités de compte, l’euro-croissance et certains fonds euros diversifiés de nouvelle génération. Mais ces solutions impliquent soit plus de volatilité, soit une garantie différente.

Conclusion

Alors, les fonds en euros vont-ils remonter ? La tendance s’affirme : la situation s’améliore par petites étapes, rien de plus. Les assureurs traînent encore le boulet de leurs anciennes obligations faiblement rémunératrices et restent tenus par des règles de prudence strictes.

Pour l’épargnant, le fonds euro demeure un socle solide, pas un moteur de performance unique. Comparez attentivement les contrats, jaugez les frais, surveillez les conditions d’accès et n’hésitez pas à diversifier si votre horizon le permet.

Et surtout, avant un virage majeur dans votre allocation, clarifiez vos objectifs et votre tolérance au risque. C’est le meilleur moyen de profiter de la remontée progressive des fonds en euros tout en évitant de mettre tous vos œufs dans le même panier.

Questions fréquentes sur les fonds en euros

Quel est l’avenir des fonds en euros ?

L’avenir des fonds en euros semble prometteur, avec une remontée progressive des rendements grâce à la hausse des taux obligataires. Cependant, cette progression sera lente et dépendra de la politique monétaire de la BCE et des réserves des assureurs.

Les fonds en euros vont-ils remonter en 2026 ?

Oui, les fonds en euros devraient continuer à remonter en 2026, mais à un rythme modéré. Les taux obligataires en hausse et les ajustements des portefeuilles des assureurs soutiennent cette tendance.

Quel est le niveau de risque des fonds en euros ?

Les fonds en euros sont considérés comme des placements à faible risque grâce à la garantie du capital et à l’effet cliquet. Cependant, leur rendement peut être impacté par les frais de gestion et les conditions économiques.

Est-ce qu’une assurance-vie 100% fonds euros est un bon placement ?

Une assurance-vie 100% fonds euros peut être un bon placement pour les profils prudents recherchant la sécurité. Cependant, diversifier avec des unités de compte peut améliorer le rendement global à long terme.

Pourquoi les rendements des fonds en euros ont baissé ces dernières années ?

Les rendements des fonds en euros ont baissé à cause des taux obligataires historiquement bas et des politiques monétaires accommodantes de la BCE. Les anciennes obligations moins rentables ont pesé sur la performance globale.

Quels facteurs influencent la remontée des fonds en euros ?

La remontée des fonds en euros dépend des taux obligataires, des décisions de la BCE, des réserves des assureurs et de la structure des contrats d’assurance-vie. Ces éléments déterminent la vitesse et l’ampleur de l’amélioration des rendements.

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